La Lumière


Date: Mars 2009

Sujet: chagrin d’amour adolescent


Cette lumière est si proche, du moins il me le semble, mais elle est encore bien loin. Pire encore : on dirait qu’elle s’est éloignée, mais sa vivacité m’aveugle. Pourtant, une voix me hurle à l’oreille que ce n’est pas le bon chemin. Je refuse de l’entendre et contemple une lente destruction. Alors un premier coup me fait basculer en arrière. Je vois des étoiles.

Sa main me lâche. Tout est noir. Que se passe-t-il ? Mon cœur chassé au plus profond de l’abîme, je plonge. La lumière s’éteint. Ah non, elle s’éloigne rapidement. La musique m’entraîne dans une nuée de regrets. Pourchassé par les souvenirs, et les promesses. Une voix, un parfum qui me hantent. La vitesse s’accélère, je ne vois plus rien. J’ai des frissons en sentant le vent passer et ébouriffer mes cheveux, auquel je n’attache plus d’importance.

Je le vois ! Son visage, il apparaît aussi clair qu’avant. Je tends une main devant moi pour le caresser, sentir sa douceur, m’évader dans ce rêve irréaliste. Le visage s’évapore, et je sais qu’il reviendra. Je brûle dans l’eau de vie. Quelque chose m’entraîne, je dois m’en détacher. L’un après l’autre, je sectionne les liens, implorant mon ange gardien de pouvoir les retrouver un jour plus propice.

Une autre musique reprend. Je ne bouge plus. L’avenir me paraît trop vide. Où est passé toute sa beauté ? J’apprends petit à petit à apprécier ce qui m’entoure. Je vois des points noirs qui me semblent familiers et j’aimerais m’y accrocher… j’y parviens !

Second coup. Je lâche, retenu uniquement par le fil couleur sang que j’avais laissé là. La pluie se met alors à tomber. Le paysage est si gris, si morne. Les habitudes qui se sont si soudain évanouies. Et les rêves, ces si beaux rêves qui me harcèlent et s’évanouissent, dissous par la pluie.

Viennent alors le moment des adieux. Ma nuque se tend, insistante. Elle réclame, le contact qui lui est du. Je l’arrête. La tranquillité s’impose. Je n’ose plus bouger.

Soulagé. Les formes familières reviennent. Je réapprends à les utiliser. Le sang ne s’arrête pas de couler, mais ce n’est la faute de personne. Alors le temps repart dans un torrent de flammes. Je vacille et manque de perdre l’équilibre, mais m’accroche à mon fil, hésitant. Le répit aura été de courte durée.

Il est temps de repartir. La lumière est déjà loin de toute manière. Tapis dans l’ombre du temps, j’attendrai autant que nécessaire, jusqu’à ce qu’elle vienne à moi.

J’enterre avec tristesse les souvenirs perdus, et orne plus encore les tombes des défuntes promesses. L’adieu à un avenir, en tout point semblable au mien, mais tellement plus beau ! Il n’en reste rien. L’orage a tout ravagé. Je regarde le soleil se coucher à l’horizon, et me sens partir, œuvrant à apprécier une amère liberté retrouvée.

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